Savoir-faire

Sommaire

Papetiers, gainiers, cartes à jouer, tannerie, fil de chanvre, les savoir-faire sont nombreux à Thiers. Ils ont constitué le commerce de la ville et permis son développement :

 

La papeterie en Images

La papeterie

 

 

Baron, inspecteur des manufactures rapporte en 1782 dans son mémoire au roi sur les papèteries de France: «le plus beau papier qui se consomme dans le royaume pour l'imprimerie et l'écriture est celui que j'ai vu en Auvergne.»

A partir de 1567 un groupe de commerçants thiernois exportait du papier en Espagne par l'intermédiaire d'un grand négociant espagnol André Ruiz domicilié à Nantes. Ce dernier commandait aux thiernois des marchandises sous la forme de balles qui pesaient chacune environ 500 kg.

On peut avoir une idée du poids et la production que cela représentait déjà au XVIe siècle: 2041 balles en 1552, 826 en 1553, 363 en 1554, 436 en 1555, 708 en 1556, 721 en 1560, 1137 en 1561.

Les commissionnaires thiernois comme Nevrézé ou Riberolles avaient la charge de réunir les rames de papier en balles, chaque emballage portait la marque du marchand expéditeur.

En 1574 des français résidant à Salamanque achetèrent aux papetiers thiernois jusqu'à 50 000 rames de papier, ce papier auvergnat fait à la main tant convoité par d'autres pays!!...

De Puy Guillaume, de Peschadoires, les denrées partaient par voies d'eau. Il fallait pas moins de 20 bateaux pour les acheminer jusqu'à bon port.

Colbert établit, en 1680 des droits nouveaux sur le papier ce qui occasionna une grande cessation du travail dans les fabriques des villes de thiers et d'Ambert, cependant on se remit au travail et les ouvriers de Thiers s'organisèrent en jurande grâce à des statuts revêtus de lettres de patentes enrigistrées au parlement en mars 1681.

Entre Recouland et le pont du Moûtier on comptait 23 moulins: 157 roues et 114 cuves et 1789 il restait encore 18 fabricants entrenant 500 personnes: hommes, femmes, ou enfants                 

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La tannerie en images

La tannerie

 

 

Le métier de tanneur consiste à préparer les cuirs par le moyen des tans et quelques autres drogues.Les tanneurs d'auvergne (de Maringues, d'Ambert, Riom, Clermont, de Brioude, de Saint Flour ,d'Aurillac), ont une réputation depuis longue date, notamment en ce qui concerne les cuirs forts. Le tan, écorce de jeune chêne, réduit en poudre,  fait l'objet d'un grand commerce en Auvergne. Il faut être fils de maître tanneur pour exercer cette profession, ou avoir été compagnon chez un maître tanneur entre 4 et 5 ans.

 

Les bouchers sont passibles d'amendes s'ils vendent des cuirs couverts de poils volontairement  mouillés pour augmenter le poids. Les tanneurs sont tenus de travailler de la pointe du jour à la tombée de la nuit.Chaque tanneur dispose d'un sceau pour marquer ses cuirs.Les tanneries sont constituées d'un bâtiment en pierre doté d'une structure en bois côté rivière. Celle-ci est formée de galeries avec plancher et balcon à chaque étage, soutenues par des poteaux en bois. Elles permettent ainsi d'accéder au séchoir ou «soleillé», alors que les cuviers et les fosses à tan se trouvent dans les caves presque au niveau de la rivière.

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Le fil de chanvre en images

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le fil de chanvre

 

Cette industrie connaît un essor sensible au XVIIIe siècle en Auvergne, le chanvre est produit également dans cette province et particulièrement en Limagne . Dans la vallée de la Dore, on produit au XVIIIe siècle des jarretières, des rubans, des liens, des lacets, des étamines à pavillon.La filature, réalisée dans les campagnes, entraîne une autre industrie  à Thiers :celle de la teinturerie du fil et des toiles. On dénombre ici  20 teinturiers en 1738. En 1752 un mémoire précise que quatre à cinq cent quintaux des fils teints sort chaque année des ateliers.

 

La teinturerie des fils et des toiles et des draps est florissante jusqu'en 1779, date à laquelle une taxe espagnole frappant les fils étrangers de petits prix ruine cette économie thiernoise.5 sortes de fils teints préparés dans les teintureries de Thiers sont alors recherchées par les «siamoises» fabriquées à Rouen. La siamoise dont le nom évoque le pays de provenance, est  un tissu composé de soie et de coton, souvent rayé, et utilisé pour les vêtements féminins les plus somptueux. Trudaine , intendant de la province, se charge lui même de faire acheminer ces fils jusqu'en pays de Caux. La famille Audembron expédie à cet effet 50 quintaux de fils soit 11 balles de 450 kg chacune. Ces marchandises sont envoyées par voies d'eau jusqu'à Orléans par souci d'économie.

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Les cartes a jouer en images

 
 

 

 

 

 

 

 

Les cartes à jouer

 

 

Les cartes à jouer ne sont pas attestées en Europe avant  la fin du XIVe siècle. Depuis lors, on n'a guère fait de progrès spectaculaire. Il est couramment admis que cette attestation  survienne autour de 1370. Car en France ce n'est guère avant 1381 que nous trouvons une référence aux cartes.

Le statut des cartiers prescrit entre autres que nul ne peut exercer le métier sans être reçu maître et qu'il doit pour cela tenir son atelier ouvert sur la rue. L'apprentissage dure 4 années avant d'obtenir la maîtrise, puis il faut encore 3 années de compagnonnage. Les ouvriers ne peuvent travailler en été que de 4 heures du matin à 8 heures du soir.

Et en hiver de 5 heures du matin jusqu'à 9 heures du soir. Les filles de maîtres, outre le droit d'affranchir ceux qui les épousent de l'apprentissage, leur donnent celui de travailler chez les maîtres en qualité de compagnons.

Thiers, ayant été à l'instar d'Ambert un centre de production du papier, les fabricants de cartes à jouer s’y installent à la même époque que ceux de Lyon. Les ouvriers œuvrant dans cette corporation sont appelés: « tailleurs de moles ou faiseur de moles de cartes ».

L'une des plus anciennes familles attachées à cette industrie au XVIIe siècle est sans nul doute la famille Delotz. Lors d'une protestation au sujet d'impôts adressée à l'Intendant d'Auvergne on apprend que la famille est dans le métier depuis 190 ans, c'est un Delotz qui réalise pour la Duchesse de Montpensier, Baronne de Thiers, un jeu de cartes  représentant les principaux faits de l'histoire de France.

Un des membres de la famille Delotz était installé à Lisbonne. Cette famille, par ailleurs ,est propriétaire de la marque fort repandue   «Jean Volay». Du XVIe au XVIIe siècle, Thiers fournit les cartes à jouer à l'Espagne, l'Italie, et dans toute la France.

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Les gainiers en images

Les gainiers

 

 

Les gainiers sont  intimement liés aux activités coutelières, ils fabriquent toutes sortes de gaines et d'étuis de cuir bouilli pour des couteaux ou autres ferrements, pour la vaisselle d'or et d'argent, les écritoires, les lunettes, les écrins, les instruments de mathématiques, etc.Ils peuvent travailler uniquement sur du cuir bouilli écru, non tanné ni corroyé, appliqué et collé, gommé et sans couture.

 

Il leur est défendu  de faire sécher leurs gaines au feu et au four mais ils ont l’autorisation  les exposer à l'air du jour. Comme pour  les tanneurs, chaque maître doit  faire le choix d'une marque.Les gainiers de Thiers n'avaient pas de corporation particulière, ils étaient réunis aux cartiers et aux charpentiers de la même ville.On appelait autrefois gaine le fourreau d'une épée ou d’un poignard avant l'invention du couteau fermant, d’où  les termes  « dégainer et rengainer ».

 

 
 
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